Croiser l’étude des « processus d’innovation pour l’industrie et le social » et l’approche par les « sciences de gouvernement », c’est ouvrir un chantier inédit en France et en Europe : c’est faire le pari que la conduite de l’action privée et publique peut s’ouvrir à de nouvelles connaissances, à la frontière des sciences sociales et des sciences de l’ingénieur. Un impératif qui peut placer la région Rhône-Alpes au cœur de la nouvelle société de la connaissance. Tandis qu’en France, les organismes traditionnels de « prévision » et de « prospective » (Institut national de la statistique et des études économiques, Institut de recherche économique et sociale, Institut français des sciences administratives) se restructurent, les frontières traditionnelles de l’expertise et de la Recherche Développement évoluent. Ce qui entraîne des rapports différents entre management, organisation, gouvernement des entreprises et politiques publiques. Ce sont ces processus que l’analyse des rapports entre industrialisation et sciences de gouvernement permet d’éclairer.

 

Le programme scientifiquede l’ARC8 a pour ambition de :

 

1-  Construire et animer une communauté scientifique en RA, capable de travailler en mode collaboratif avec les partenaires sociaux et économiques et formant les jeunes chercheurs du futur ;

 

2-  Favoriser les réponses aux appels à projets nationaux et internationaux : FUI avec les pôles de compétitivité, ANR en partenariat avec les partenaires économiques, FP européens, de la demande sociale et les collectivités territoriales ;

 

3-  Favoriser les travaux de recherche « constructifs » pour les politiques locales, que ce soient les politiques industrielles, d’innovation et d’industrialisation, ainsi que les politiques sociales, d’organisation et du territoire.

 

        Nous avons décidé de l’aborder par six axes scientifiques construits, à la fois, pour résoudre les grandes questions publiques posées par l’industrialisation, l’innovation, les politiques publiques et sociales, favoriser les échanges pluri-disciplinaires sur ces questions. Il s’agit de contribuer à l’appropriation scientifique des concepts de la vision de l’Europe en 2020, formulés dans Europe 2020. A strategy for smart, sustainable and inclusive growth, par :
        – Une croissance intelligente fondée sur la connaissance, l’innovation, la formation et les technologies de l’information et de la communication ;

 

        – Une croissance durable respectueuse de l’environnement et du bien-être des populations ;
        – Et une croissance inclusive qui protège les plus démunis, réduit les inégalités sociales et favorise l’égalité d’accès aux droits. Mais aussi d’en étudier la mise en œuvre effective, telle qu’elle a pu être objectivée par la région Rhône-Alpes dans ses schémas SRESRI et SRDE.

 

Ces six axes scientifiques sont :

 

Axe 1 : Pilotage des dispositifs pour l’innovation
L’innovation est au cœur des développements sociaux et économiques. Il s’agit d’étudier les mécanismes qui permettent l’innovation, aussi bien dans l’entreprise que par les pouvoirs publics, et d’en mesurer et évaluer les résultats. Ce thème croise l’ensemble des communautés scientifiques de l’ARC : sciences pour l’ingénieur, sciences sociales et sciences politiques.

 

Axe 2 : Responsabilité sociale et publique
Le concept de responsabilité est redevenu central dans les comportements et les décisions, que ce soit d’un point de vue social et environnemental, ou d’acteurs publics ou privés. Son étude en est d’autant plus urgente que ses nouvelles implémentations semblent délicates. Là aussi, l’ensemble des communautés scientifiques de l’ARC y contribueront.

 

 Axe 3 : Pilotage des éco-systèmes industriels
C’est une question complètement nouvelle qui se pose aux chercheurs. Les nouvelles organisations de la production permettent-elles une industrialisation durable avec des performances aussi bien sociale et environnementale que financière et économique. Les sciences sociales et les sciences de l’ingénieur y travaillent ensemble.

 

Axe 4  : Conception et innovation de produits et de services durables C’est ici que seront étudiés les nouveaux modes de production et de consommation pour un monde durable : développement durable et innovation en sont les deux catalyseurs, la considération de l’ensemble du cycle de vie en assure la pérennité. Là encore, les sciences sociales et les sciences de l’ingénieur travaillent ensemble.

 

 Axe 5 : Les ingénieries de gouvernement
L’idée est ici de mettre en place des analyses et expertises dédiées aux techniques et dispositifs d’intervention publiques, qu’ils soient local, national ou international, à leur évaluation, à leurs usages et à leurs pratiques. Comprendre les interactions entre production de connaissances et action publique, revendications de scientificité et légitimation démocratique, constitue du même coup la ligne d’horizon de ce programme qui se veut résolument comparatif.

 

 Axe 6 : Les dynamiques sociales contemporaines
De grands défis attendent la préservation de la cohésion sociale dans les démocraties contemporaines. La région Rhône-Alpes peut constituer un laboratoire d’expérimentations et de propositions dans les domaines de la formation de la jeunesse, de la lutte contre la pauvreté, des questions d’insécurité, des figures sociales du handicap et du vieillissement, de l’intégration ou de la redéfinition des espaces publics. 

 

        L’ARC 8 a mis en place un dispositif qui permettra d’atteindre tous ces objectifs et qui permettra de créer en Rhône-Alpes le laboratoire scientifiques de « l’industrialisation et les sciences de gouvernement ». C’est un défi difficile que la communauté d’environ 1000 chercheurs, associée à des acteurs de la demande économique et sociale particulièrement actifs et impliqués dans l’ARC, est prête à relever.
        L’ARC s’est donné l’ambition d’un leadership européen et compte bien s’appuyer sur son originalité scientifique, que ce soit l’objet ou les communautés regroupées, pour y arriver. Pour cela, il a décidé d’abord de privilégier les actions d’animation qui vont permettre de croiser les approches des différentes communautés et ainsi polleniser les recherches de chacun. Ensuite, il souhaite être très incitatif dans la formation des jeunes chercheurs pensant que les pratiques pluridisciplinaires acquises tôt percoleront tout au long de la carrière d’un chercheur. Enfin il fera connaitre les activités et l’expertise de Rhône-Alpes dans ce domaine, que ce soit vis-à-vis de la communauté scientifique internationale et vis-à-vis des acteurs économiques et sociaux de la région.